L’on ne saurait se marier pour s’aliéner à autrui. Encore moins dans le mariage un homme ne saurait s’aliéner à une femme ! Et c’est d’autant plus vrai et justifié aujourd’hui en raison de l’égalité homme-femme.
Marié, l’homme (comme la femme aujourd’hui, en vertu de l’égalité des sexes) doivent pouvoir conserver leur liberté en l’ajustant toutefois à celle de leur partenaire. C’est pourquoi, dans le contexte moderne de l’individualisation des personnes (et donc du couple) chacun reste libre d’avoir son jardin secret, des relations personnelles propres à lui-même/elle-même et la notion de fidélité ne fait plus sens dans le mariage moderne du 21ème siècle. Ce qui compte avant tout est le développement heureux et harmonieux de chacun en tant qu’individu unique au sein d’un duo ou couple aléatoire, éphémère, dont on sait que Dieu lui-même a confirmé sa non continuité ou non existence dans l’au-delà céleste. Sa seule signification n’est que terrestre et donc, comme tout ce qui est terrestre et passager, n’a pas grande importance.
Ce qu’il y a d’intéressant avec le mariage, c’est donc la possibilité pour l’homme, tout comme pour la femme, de relations extra conjugales ! Ce qui fait le charme de l’adolescence, c’est de pouvoir oser braver des interdits (dits de protection) et découvrir ou transgresser les consignes de ses parents ou des éducateurs dans ces domaines réservés aux adultes. C’est ainsi que l’ado se forge sa propre identité (en s’opposant aux siens). Tout le monde reconnait et s’accorde sur le fait que c’est un passage quasi obligé, plus ou moins long, presque acceptable, vers l’âge adulte. Et bien, dans sa nouvelle famille, celle qu’il aura fondé lui-même, il en va de même pour l’homme adulte par rapport à l’institution du mariage, qu’elle soit civile ou religieuse. Celui-ci ne peut affirmer son état de parfaite liberté qu’en défiant la norme du mariage (ou en la transgressant), c’est-à-dire par des relations extra conjugales, sans toutefois les rechercher pour autant. Un homme vraiment libre ne pourra les rejeter par crainte de non respect des normes (ou d’une quelconque contrainte sociale ou de dogme religieux), sans quoi il ne se sentira plus vraiment libre. La transgression en matière conjugale est une manière d’affirmer son indépendance et son libre arbitre. Voilà pourquoi, pour moi, ce que l’on nomme "l’adultère" est une pure invention collective ou fiction de l'esprit. La fidélité dans le couple se définit par le vivre ensemble, l’assistance et le soutien à son époux/épouse mais n’est en rien liée à l’acte sexuel car l’exclusivité de son corps n’appartient qu’à Soi.
Ce que je rejette dans le concept de mariage, c’est le principe d’exclusivité car il s’oppose intrinsèquement au principe majeur de liberté. Or un engagement de fidélité envers un seul corps est contre nature puisque dans le mariage, la problématique est le temps. Un engagement de ce type ne peut être tenu qu’au prix d’un autre mensonge qui consisterait à continuer de dire à sa moitié : je te désire, quand bien même on la désire plus vraiment(bien qu’on continue cependant de l’aimer), c'est-à-dire se faire violence à soi-même et à son désir d’avoir d’autres relations, extérieures au couple. Voyez qu’il y a là un vrai paradoxe, et ce paradoxe constitue l’essence même du mariage. L'invention du mariage par les hommes a servi à engendrer cet état pardoxal.
Le mariage est donc bien un acte d’agression contre la nature humaine de par son concept d'exclusivité et de durabilité. Par le respect de ses conditions de départ et de contrat, il oblige à être faux ensuite (menteur par des non-dits au sein du couple) puisqu’on ne désire plus ou n’aime plus comme avant. Les relations extra conjugales permettent d’éviter cette souffrance et, à l’homme surtout, de rester en état de virilité assumée, donc de rester fidèle à son être intérieur.
Pour tout couple qui veut durer, autant pour l’homme que pour la femme, Il faut absolument dissocier amour et sexualité pour conserver son équilibre et l’équilibre de la famille.
Ces relations (tenues secrètes ou mutuellement consenties et acceptées par le couple) ont des vertus curatives et constituent l’alternative au divorce qui est toujours vécu comme un drame ou un échec. Car des relations extra conjugales purement physiques ne signifient nullement un abandon de famille ni de l’amour porté aux siens. Il faut savoir faire cette différence.
Aujourd’hui, avec l’allongement de la durée de la vie, l’engagement tel que le mariage le définit ne fait plus sens car tous les couples qui s’y engagent connaîtront, sur le long terme, cet effacement du désir pour l’autre et le besoin d’une relation plus satisfaisante et surtout nouvelle, qui se montrera oppressif. Il leur faudra donc savoir se libérer de cette contrainte inutile (et anti bonheur) qu’impose le mariage dans sa définition et ses principes de base.
Ceci est un concept moderne, pour notre siècle à l’esprit plus ouvert et plus égalitaire en ce qui concerne la relation homme-femme. Il porte sur la nouvelle conjugalité qui s’inscrit dans la durabilité du couple qui doit vivre en communauté plus longtemps que par le passé. Il aide à dépasser l’utopie d’une relation « jusqu’à ce que la mort nous sépare » !
DEMOCRATE