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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 01:38

L’homme du  21ème siècle doit-il encore considérer le contrat de mariage

comme un bienfait pour lui-même : doit-il encore se marier ?

A l’ère de l’égalité des sexes, du développement personnel, de l’avènement de l’individualisme, s’engager dans une relation à objectif durable avec l’un de ses semblables, même s’il est du sexe complémentaire au sien, son égal surtout et donc son rival potentiel, l’accepter dans l’intimité de son chez-soi, ne relève t’il point d’un pari utopique ?

Certes l’amour est à la fois l’essence et le moteur du mariage, mais dans le nouveau contexte ou environnement actuel  ayant vu les conditions et mode opératoire du mariage modifiés, si tôt éteint ce moteur de lancement, voilà que surgissent de nouveaux conflits : ceux des temps post -modernes.

Qu’est-ce qui prédispose l’homme à vouloir renoncer à une grande part de ses libertés pour s’attacher (terme biblique) à une autre personne en épousant à la fois la richesse mais aussi les défauts de cet autre ? Qu’est-ce qui pousse cet homme à s’engager pour toute une vie dans la voie des compromis et des contradictions, autant de freins à cet épanouissement qui eut pu être le sien dans le cadre d’une totale maîtrise et amplitude dans l’exercice de sa liberté ?

Sans laisser trop de temps à la réflexion, très vite de nouvelles contraintes familiales vont l’envelopper, conséquence de son acte. La famille va être le centre de préoccupations et de soucis de toutes natures aliénant une grande partie de l’existence de cet homme, juste pour s’être nanti de ce nouveau statut social !

A moins d’un drame inévitable brisant probablement sa vie (séparation ou divorce), il lui faudra au moins attendre que cette famille se soit émancipée pour que l’homme piégé par son propre consentement puisse enfin retrouver liberté et sérénité à l’orée du troisième âge. Mais le prix qu’il aura du payer lui laissera quand-même des traces indélébiles et cet héritage sera lourd de conséquences. La famille ira, de son côté, en se développant.

Jamais cet homme ne retrouvera les heures magiques du temps de sa jeunesse, de son indépendance et de sa quiétude d’avant le mariage. Au-contraire, il pourrait bien se trouver obligé à devoir contribuer à la compensation  financière de son ex-conjoint ou au soutien de sa descendance dans le besoin. Ce sont donc là des obligations sans fin ! Telle est la dure loi qui s’applique aux gens qui ont un jour osé le contrat de mariage. Qu’ils réfléchissent, car il est difficile de s’en défaire ensuite et cela a un coût !

Alors, j’insiste : qu’est-ce qui prédispose l’homme au besoin de se marier ? Son état de solitude passagère ?....Au milieu de la marée humaine parmi laquelle il vit. Un besoin d’affirmer et de sécuriser sa relation à autrui, de canaliser sa sexualité tout en la satisfaisant ? (sexualité dont il a quand même du mal à repousser les assauts durant le cours de son existence : exemple - aller voir ailleurs malgré).  Que de facteurs impliqués et déterminants dans ce désir de mariage et de stabilité (stabilité pourtant loin d’être garantie avec cet acte) !

Parmi  ces facteurs, il en est un autre, d’ordre sociétal cette fois, qui fait que l’on vit dans un monde de traditions, organisé en structures relationnelles, ritualisé de surcroît, qu’il est impossible d’ignorer, duquel il est très difficile de se soustraire tant les incitations, sollicitations en tous genres, aspects coutumiers, reconnaissance par les autres, pèsent sur notre « MOI » (ou ego), au point d’être parfois déstabilisants.

L’église encourage au mariage (en vertu de l’ordre du sacré et du divin), la société civile l’appelle de ses vœux (en vertu de la structuration des ménages, de leur officialisation et de la lisibilité des filiations), l’état : pour voir augmenter la courbe des naissances et pour une bonne éducation des enfants avec des parents responsables. Bref, rien n’échappe à cette pression extérieure et beaucoup y succombent.

Et pourtant ? Le bonheur intime de l’homme ne peut dépendre tout entier de, ou se résumer à, cet instant d’un jour unique et festif de sa vie, celui-là même où se posent déjà les germes des problèmes de demain ! Ce bout de papier signé en quelques secondes à-peine, devant témoins, ce moment gravé dans la mémoire collective, n’apporte en fait que les fruits du moment qui, comme tous les fruits, se consument avec le temps. A cause de ce contrat, bien des discordes vont devoir alimenter les séances des tribunaux par la suite et toute une progéniture en souffrir !

Alors pourquoi marier les personnes ? L’homme nait seul, dans son unité (pas en couple et sous forme de deux chairs) et il meurt seul aussi. Pourquoi dire alors que deux pourraient ne former plus qu’un ? Une simple vision de l’esprit ou un miracle du Saint-Esprit ? Le couple est l’union et non la fusion des corps. Pourquoi aliéner son existence à partir de l’âge mûr à une telle dépendance envers autrui et ne pas continuer de se construire et de s’identifier en suivant sa route en tant qu’être unique et individuel, et s’affirmer tel ?

Le mariage est un statut qui altère la personne humaine, la transforme et contrecarre son évolution normale, qui risque de modifier ses acquis comportementaux, de limiter son champ d’action et son ouverture aux autres (dans un sens plus large). La famille devient une cellule égocentrique et la société n’est plus qu’une juxtaposition de ces cellules. Les familles, pour se protéger, n’ont alors plus d’autre recours que de se constituer en communautés, lesquelles s’affrontent sur des idéaux ou des questions de ressources soumises aux lois du partage ou de la conquête.

Vous aurez compris que je ne défendais point le mariage en tant qu’institution alors que je loue les vertus du sentiment d’amour qui en est la base essentielle : paradoxe, oui ! Cet amour qui existe sous toutes formes : que ce soit dans le couple ou dans une société très humanisée.

Pour moi, le mariage est un contrat à haut risque, un projet de vie en aliénation consentie et partagée, une dépendance  pour la vie envers quelqu’un d’autre et dont la contrepartie est faible en termes de bonheur. Le mariage est une limitation de soi, une contrainte portant sur de nouvelles responsabilités, un assujettissement au sexe opposé dans le tout nouveau contexte d’égalité homme-femme.

Le comble suprême étant d’entraîner l’homme, avec le mariage, dans le rôle d’une ménagère bis ! Je n’ai, pour ma part, jamais demandé cela à la vie.

DEMOCRATE

 

 

 

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Published by Démocrate - dans famille
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