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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 23:34

Le vieillissement, pour le couple, est un problème central avec les incidences de la ménopause (chez la femme) ou du démon de midi (chez l’homme) quand ce n’est pas plus sérieux avec d'autres problèmes, d'ordre existentiel ou de maladie. La gestion de cette mutation est parfois très difficile à assumer et des crises peuvent alors survenir entre les deux partenaires. Le phénomène du vieillissement ne va pas sans se poser des interrogations sur la longévité du couple.

Là où autre fois un couple pouvait vivre de 15 à 20 ans de vie commune, nous pouvons atteindre le double voire même le triple de ce temps  aujourd’hui !

Or, il est déjà difficile pour un homme ou une femme de se regarder vieillir à partir d’un certain âge, mais il est sans-doute encore plus dur pour l’homme de voir vieillir sa  compagne ou de se voir lui-même vieillir dans le miroir de cet autre, qui lui renvoie en permanence le reflet de son état de vieillissement.

 

Comment alors ne pas se revoir à 20 ans, 30ans ou même 40, sans éprouver quelque regret ou un petit pincement au cœur pour cette époque de gloire corporelle et bien davantage encore, en feuilletant ensemble ses albums ou films de famille qui vous remémorent ces bons moment d’intimité vécue et révolue ?

Je sais que tel va le monde dans sa traversée du temps - ( existe -t’il  vraiment d’ailleurs, le temps ?)- mais c’est tout de même de la nostalgie que l’on ressent ! Ce jeune couple heureux qui était le vôtre, où s’est-il enfuit et l’on envie alors un peu plus ces jeunes couples que l’on peut croiser en ville ou à la plage, tout en sachant bien qu’eux aussi deviendront ce que vous êtes aujourd’hui. La progression dans la vie commune est, en ce sens, impitoyable.

Alors, face à cette avancée, le couple âgé fait-il encore sens ? Que vous apporte de plus la fidélité si non de la tendresse. Certes, mais à quoi bon,  et quelle différence  entre un couple complice et un frère et une sœur intimement liés ? Est-ce juste le fait de partager le même lit ? Le couple, ce n’est pas le substitut de la fraternité entre frère et sœur. Qu’est devenue cette union physique si pleinement partagée pendant sa maturité reproductive tandis qu’on doit se battre maintenant contre de nouveaux handicaps, souffrances, soucis de santé au quotidien, angoisses de l’avenir ou de la mort, ennui, morosité et j’en passe..

Les deux compagnons parfois s’enchaînent dans une spirale de gémissements, de reproches mutuels, ou de manies de vieux, en boucle.

Pour éviter tout çà, n’est-il pas préférable de mettre un terme à la durée du couple avant d’avoir atteint ces marches de pénibilité plutôt que d’avoir à endurer les « grognonteries » de l’autre ?

Savoir se libérer à temps de cette conformité inconfortable qui va inlassablement peser sur ses vieux jours est un acte de bravoure car il n’est pas facile à réaliser. S’adapter à la fatalité de sa condition de couple est également un exploit qui peut certes s’avérer bénéfique mais combien de couples y parviennent, si l’on exclut d’office tous ceux qui vivent ensemble par connivence ou habitude ou pour leur confort uniquement ?

 Le mariage pour tout le reste de sa vie est devenu un lourd fardeau. C’est encore plus vrai aujourd’hui qu’autrefois, vu la longévité des hommes ! Le couple existe pour donner naissance à une famille, mais ne constitue pas une finalité en soi, ni une assurance pour le bonheur ou contre l’ennui.

Pourquoi vraiment faut-il s’obstiner à continuer de vivre à deux, pour beaucoup d’entre nous, quand l’un des deux partira avant l’autre de toute façon ? Même pour les religions, le couple s’achève avec la mort de l’un. Aux cieux : ni mari, ni femme ! (l’amour humain ne compterait-il donc plus ?). Si la mission du mariage est uniquement terrestre, pour l’homme et la femme, alors c’est qu’il n’y a là rien de sacré ni d’éternel : à quoi bon avoir rempli cette mission honnêtement pour, en fin de compte, aboutir à perdre son compagnon aux cieux, en récompense ?

Mais, lueur d’espoir : ne dit-on pas aussi qu’Adam et Eve retrouveront un jour le paradis perdu !

Pour moi, idéologiquement, ce qui me dérange dans cette idée de mariage indissoluble et de  fidélité jusqu’à la mort, c’est sa grandeur humaine par rapport à la perte de cette félicité du couple qui ne se retrouve plus en tant que tel, selon la Bible, dans la maison de Dieu.

Au fond, le mariage, inventé par les hommes (les hommes d’église surtout), est un simple arrangement de la société comme lien de régulation et les lois qui l’encadrent n’ont jamais été conçues par l’esprit divin ; le seul commandement étant celui d’aimer son semblable et de le respecter, de lui être fidèle.

Mais tout comme des engagements d’amitiés naissent et meurent (pas forcément pour raison de haine ou de trahison), des engagements de mariage peuvent tout aussi bien se nouer et se dénouer : c’est cela la vie, tout simplement. Il ne faut surtout pas en faire un drame. Nous l’avons vu : les couples ne sont pas faits pour durer car la personne change et il suffit que l’un des conjoints change pour que le ciment du couple se fissure et rompe. C’est cela la vie. Faut l’accepter.

A l’approche de l’âge de la retraite, vous voyez que je m’interroge sur le sens de mon couple pour demain et après-demain, alors que nous aurons pleinement rempli notre mission conjugale et familiale. Le couple n’aurait –il pas droit lui aussi  à sa retraite !?

L’homme peut-il prendre sereinement  la retraite d’avec sa femme, et vice versa ? Cela s’appelle, je le sais, une séparation.

DEMOCRATE

Pour méditer plus en profondeur sur ce thème du couple et du vieillissement, je vous recommande un excellent site :

http://Bien.vieillir.club.fr

 

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Published by Démocrate - dans famille
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