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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 23:10

Mon mal-être actuel et persistant, le stress quotidien de mes projets au travail, ma vie même et toutes les questions existentielles qu’elle me pose, induisent en moi le rejet d’un certain ordre des choses, acquises, ritualisées, institutionnalisées. Cela provoque en moi une poussée de désir sans cesse grandissant d’évasion. J’ai envie de vivre une rupture d’avec mon environnement familial, social, géographique, pour connaître une autre expérience de vie. Est-il encore possible de repartir à zéro (ou presque) à ce stade avancée de ma vie, à mon âge ? Est-il possible de me détacher des liens physiques et affectifs qui m’enveloppent dans un certain « cocooning » qui ne me correspond plus très bien ?

Est-ce folie ou nécessité vitale,  pour aller de l’avant, que de rechercher une nouvelle forme de bonheur : celui de la découverte de soi, des autres et des rencontres et relations à ce jour inconnues, pouvant se situer aux antipodes d’un état culturel forgé par l’éducation reçue et l’expérience du vécu ?

Vivre peut-être en Afrique demain en adoptant un mode de vie à la Sénégalaise ou bien vivre sur une toute petite île, ou encore en Amérique du Sud, dans un hameau de la cordillère des Andes, à Trinidad ou à Tobago, près du cercle polaire en Finlande ou dans les montagnes de Perse : je ne parviens pas à fixer mon esprit, mais j’y pense sérieusement  !

Dois-je vraiment aller aussi loin pour assurer mon dépaysement et trouver l’harmonie indispensable à la créativité et  au ressourcement ? Ne pourrais-je pas tout simplement  la découvrir dans un village perché de Calabre, du Piémont, de Ligurie, du Tessin ou du Tyrol, ou dans mon propre pays : au cœur des Cévennes, dans les Alpes de Haute Provence ou dans ma très chère Camargue ?

Au fond, qu’est-ce que je cherche aujourd’hui, si ce n’est un havre de sérénité, un simple logis avec une belle pièce à vivre et avec un bureau perché dont je ferais mon étude ; là où je pourrais écrire et méditer tout en regardant changer le temps et les saisons, que je me lève à l’aube ou me couche au lever du soleil !

C’est en ce lieu magique, porte de l’univers, interface céleste, spirituel et conceptuel entre le virtuel et le réel impalpable que mon monde intérieur puiserait ses ressources principales et travaillerait la matière de l’immatériel (se ressourcerait donc !), et que mes créations trouveraient l’énergie utile à leur développement séquentiel. Là je pourrais enfin goûter au sens de la liberté. Bien être trinitaire de l’esprit, de l’âme et du corps réunis. Je serais enfin réconcilié avec moi-même ; cela s’appelle vivre vraiment, et c’est un tout.

Alors, aimer, prier, espérer, croire en Dieu et en autrui de nouveau deviendrait une épreuve surmontable, réaliste, humaine pour moi. Dois-je donc me séparer de ceux qui m’entourent de leur amour pour y parvenir ? De mon épouse tout d’abord avec qui la vie ne fut pas toujours un long fleuve tranquille et encore moins maintenant plus en aval du temps, pour lui permettre de s’épanouir pleinement à son tour sans plus l’oppresser de ma présence, ni de mes pensées déroutantes ? Dois-je me séparer aussi des enfants qui ont chacun leur vie à bâtir, des petits-enfants dont je ne connais pas encore tous les visages et dont vouloir faire la connaissance ne serait que le "remake" de ce que fut le développement de mes propres enfants : rien de nouveau, si ce n’est un perpétuel recommencement dont on pourrait questionner le sens ou la finalité ultime?

N’ai-je pas une autre tâche qui m’attend ? Ne dois-je pas chercher à transmettre mes pensées les plus profondes plutôt que de servir de modèle vivant dans un monde où tout a changé, évolué si vite et où le rôle de donneur d’exemple serait plutôt l’apanage aujourd’hui de ses plus jeunes contemporains ?

Le temps est peut-être  venu pour moi de m’effacer, de me démarquer, pour témoigner de la preuve de cette singularité que représente chaque créature humaine de Dieu. Le destin, mon destin, une fois de plus, m’entraînera - t’il  vers un chemin nouveau, non imaginé et toujours plus surprenant, pour les autres comme pour moi-même ?

 

DEMOCRATE

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Published by Démocrate - dans famille
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