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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 23:32

Lettre à un diocèse de France

Au temps de Pâques, de la résurrection, de l’espérance, le bonheur devrait être au rendez-vous, mais si les interrogations d’ordre existentiel persistent et si la peur de se voir vieillir en couple apparaît alors que les enfants nous ont quitté, la vie à 2 n’est plus du tout semblable à celle du début où la famille était : attente, espoir, création et avenir, pour la voir grandir. Aujourd’hui, ce qui nous attend est le vieillissement, la vie des instants pénibles, le fardeau du grand âge et le chemin vers la mort. Comment, dans ce cas, pouvoir vivre en toute sérénité ?

 

N’est-il pas préférable de se séparer et de faire un deuil anticipé de sa relation de couple afin de n’être pas pris par surprise par le décès de l’un ou de l’autre, le moment venu, et d’éviter ainsi une souffrance bien plus  grande de ce manque ensuite ? Qui se prépare au pire (encore à venir) ne  vivra pas le choc brutal lorsque justement ce pire  adviendra. Et puis, le faire sur terre sans attendre la mort : quelle importance, au fond, puisque Dieu nous a dit  qu’aux cieux, il n’y aurait plus ni maris, ni femmes ?

 

C’est en ce sens que je développe une méditation sous forme de conseil ; savoir faire le deuil de son conjoint du vivant de sa relation de couple, par anticipation.

La vie en couple ne se justifiant que dans le cadre d’une famille à élever (les corps s’unissent dans la joie pour fonder une famille), mais lorsqu’advient la vieillesse, cette même vie en couple n’a plus le même sens, et n’est plus qu’un miroir réfléchissant opérant entre époux tendant à augmenter leur souffrance intérieure, tandis que la dissolution du couple devrait redonner à chacun une dynamique et un élan nouveaux (c’est du moins ce que je pense).

 

Malgré cette pensée qu’il me faudrait dissoudre notre union aujourd’hui pour être plus heureux, l’œuvre familiale achevée et réussie selon le plan de Dieu, que le  temps de retrait du couple est venu pour le bien être personnel, je trouve cependant qu’il est très difficile de passer à l’acte, tant l’on s’est installé dans le confort des  habitudes  et tant un lien de 36 ans (plus long que le temps de sa vie d’enfant et de jeune célibataire !) est difficile à dissoudre.

 

Cette méditation personnelle fait que je ne cesse de m’interroger à plus de 60 ans sur les bienfaits du couple et sur sa nécessité au temps moderne. J’ai le sentiment profond en moi que, à cause de ce choix de vie un jour, je suis passé à côté d’autres  réalisations car la famille mobilise beaucoup d’énergies et de temps et que le temps, lui, est unique et passe bien trop vite. Peut-on, a-t’on le droit de regretter d’avoir fondé une famille (au lieu de s’être consacré à autre chose de plus gratifiant – avoir été au service des autres et de la communauté par exemple?). Les familles ne manquent pas à travers le monde ; faire des enfants est ce qu’il y  a de plus facile quelque soit son niveau intellectuel ;  peut-être sommes-nous aussi devenus trop nombreux sur terre et j’ai contribué à cela avec 4 enfants nés de notre union. Et si Dieu nous a dit : « croissez et multipliez-vous ! » ( la Genèse) , il ne nous a pas dit jusqu’à quand exactement ni quel était pour Lui le nombre idéal d’humains ! (cette référence me manque ; l’homme n’aurait-il pas eu le droit de savoir le plan de Dieu à ce sujet et pourquoi donc son créateur a t’-il voulu le lui cacher quand il lui demande d’être vrai et transparent envers son prochain ? mystère profond qui me trouble . Le comprendre, le savoir est justement ce qui est capital et même lorsqu’on a la foi, l’on ne comprend pas le but du nombre. C’est ce à quoi aucune religion ne peut donner de réponse satisfaisante, pour l’esprit. Est-ce que les générations s’arrêteront un jour ? Mais, dans ce cas, les derniers seront alors privés d’enfants, de descendance ! Pour ne pas leur retirer ce droit et bonheur, çà ne peut donc prendre fin : c’est le cercle vicieux ou l’insoluble question sur la vie et son mode de reproduction. Les théologiens ont-ils réfléchi à ce problème et comment le trouvent-ils bien fondé ?

 

Vous voyez à quel point ce devoir pour des parents d’avoir des enfants me perturbe (sur la question des limites de l’humanité entière), car les miens auront aussi leurs enfants qui auront les leurs, lesquels auront les leurs....mais jusqu’où cette production d’humains doit-elle aller ? Qu’est ce que veut Dieu exactement ? Il ne nous le dit pas ! Même si l’on est prêt à le suivre dans son objectif du bien et du bonheur pour tous.

Alors, dans tout cela, par rapport à cette immense question sans réponse, que pèse le deuil anticipé d’une relation de couple ?

 BIEN PEU !

DEMOCRATE

 

 

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Published by Démocrate - dans famille
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