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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 16:40

L’utérus artificiel de demain

 

Au moment où les questions vitales de bioéthique occupent l’actualité, me voilà en conflit avec ma fille au sujet du mode de naissance, en fait : sur la procréation humaine. Comment et pourquoi est né ce différent qui provoque entre nous des tensions et exacerbe les incompréhensions au cœur même du cercle familial ?

Ma fille est très croyante, très enthousiaste et motivée par les thèses des églises chrétiennes des religions et de la Bible.

Bien que moi aussi je lise la Bible et ne conteste pas son enseignement, notamment pour les faits historiques, je prends ces récits comme une histoire du passé qui ne peut concerner que les gens de cette époque, eux qui vécurent à des millions d’années lumière de notre civilisation  (et qui d’ailleurs seraient perdus et abasourdis s’ils revenaient sur terre en cet instant !) ; non, moi je suis un homme du High-Tech Process,  donc tourné vers la recherche et la science et ses applications grâce à la haute-technologie. Sans cette ouverture à la science, parfois décriée y compris par les prophètes eux-mêmes, aucun progrès n’eût été possible pour l’humanité.

Or, ce qui nous divise aujourd’hui, ma fille et moi, porte sur un concept : celui de la procréation humaine. Autrement dit : comment assurer notre reproduction ; celle de notre espèce ?

Tandis que je suis du côté de ceux qui souhaitent voir se développer (et se généraliser) dans l’avenir le concept d’utérus technologique, artificiel et autonome, capable de remplacer le sein maternel pour permettre le développement harmonieux du fœtus et libérer à tout jamais la femme de ses grossesses, ma fille, quant à Elle, continue de vouloir défendre le processus de la maternité naturelle « in utéro ». 

Mais à cela, je réponds : pourquoi accepter de continuer à se reproduire, à enfanter dans la douleur si la science (qui évolue sans cesse pour améliorer la vie des hommes) devait permettre un jour de procréer et d’engendrer sans souffrance, pour la mère ? Ne serait-ce pas comme une sorte de sadisme que de vouloir s’acharner et s’autoriser de souffrir pour tout le genre féminin en se complaisant dans cet état dont on pourrait pourtant être libéré ?

Bien au contraire, l’utérus artificiel va tout à fait dans le sens de l’égalité hommes-femmes en ce sens que la mère n’occuperait plus ce rôle déterminant d’acteur central dans la procréation et qui l’avantage quelque peu par rapport au père, simple spectateur ! Là, vraiment, les deux parents seraient remis sur un pied d’égalité absolue, l’utérus artificiel étant leur outil de fécondation et de gestation pour leur enfant à naître, dont ils sont à l’origine génétique mais dont ils pourront également contempler ensemble l’évolution au plus près et non plus comme ce qui est le cas depuis toujours : caché dans le ventre de la mère ! C'est-à-dire l’abolition pure et simple du privilège unique du sein maternel.

L’homme, de par son intelligence et savoir, se serait ainsi affranchi de cet incontournable désavantage sur la femme, dans le processus de procréation  et de cette tutelle forcée, pour se trouver replacé sur un plan d’égalité (concept que nous reconnaissons et défendons tous aujourd’hui).

Cet utérus artificiel de la deuxième moitié du 21ème siècle est l’avenir de l’homme (tout comme de la femme, libérée enfin de ses états de grossesses), tout en conservant intact le désir d’enfant et le devoir de procréation, pour le couple.

Sur le plan religieux, Dieu ne peut objecter à ce nouveau concept de fertilité étant donné que c’est Lui qui a doté l'homme, en première instance, d’un certain niveau d’intelligence, laquelle par la force de l’union collective de ses recherches, lui a permis progressivement, dans l’avancée du temps,  de se soulager de contraintes et d’améliorer ses conditions d’existence.

Mieux vaut se servir de cet utérus artificiel pour créer l’homme futur que de recourir à l’aide de tiers (exemple des mères porteuses).

Libérer l’homme des rapports sexuels d’avec une femme (sa femme) et faire le choix d’unir leurs gamètes mâles et femelles dans l’appareil à fusionner et à engendrer assurant aussi bien le portage que la gestation et supprimant les aléas et inconvénients de la grossesse doit permettre au couple de voir venir au monde l’enfant désiré au moment désiré : voilà qui s’annonce comme la véritable maîtrise  de la procréation….à condition toutefois que cette possibilité soit offerte et accessible à tous les couples reconnus stables.

Grâce à cet outil performant d’avenir, les femmes se sentiront enfin aussi libres que les hommes pour organiser leur vie professionnelle qu’aucune grossesse ne viendra plus perturber,  et les hommes auront le devoir de les assister davantage dans les taches domestiques, impliqués pareillement dans l’évolution et le suivi de cet utérus artificiel. Ce n’est pas de la fiction : si les lois éthiques l’admettent un jour comme un acquis tandis que la science le permet enfin tout en faisant d’une naissance la chose la plus sécurisée qu’il soit, la faisabilité et la visibilité de chaque instant de la gestation seront alors garanties.

Si je soutiens cette thèse progressiste pour désolidariser l’acte de procréation du rapport direct homme-femme, tout en retenant l’apport de leurs patrimoines génétiques respectifs, où est le mal ? Où est le non éthique ? Ce progrès devient libérateur de contraintes voulues par la nature au départ, mais Dieu n’a - t’il pas lui-même ordonné à l’homme de domestiquer et de contrôler la nature. Ce n’est donc pas aller contre l’ordre divin, si l’action entreprise s’effectue dans la volonté du désir d’enfant et en toute responsabilité parentale. Un autre avantage non négligeable de cet utérus artificiel est qu’il libérera la femme des effets directs sur son corps de maternités successives, l’aidant à conserver un corps attrayant jusqu’à sa ménopause. Il mettra un terme aux accouchements difficiles ou à risque ainsi qu’au recours à des césariennes.

 

Mais ma fille continue de penser qu’elle préfère accoucher de son enfant, chair de sa chair. Hélas, dans cet état, l’homme ne peut en dire autant puisque la nature l’oblige à passer par le ventre féminin. Pour naître, comme pour se reproduire le ventre féminin est incontournable ! Personnellement, je regrette d’être né ainsi, via le sein féminin. Ce relatif état de dépendance vis-à-vis de la femme m’est insoutenable et si l’on arrive à s’en libérer, via l’utérus artificiel, je signe tout de suite en apportant toute l’aide financière que je serais en mesure d'apporter en faveur de cette recherche, jusqu’à son aboutissement.

 

Le vrai jour de l’égalité entre les hommes et les femmes sera bien celui-là où l’homme aura réussi à maîtriser sa propre reproduction sans que l’un des deux genres ne soit l’élément moteur et majeur du processus de procréation, ne donnant ainsi privilège à aucun des deux époux ou partenaires. La gestation doit se réaliser de manière neutre et extérieure au corps, sous le regard bienveillant des deux parents.

Idée révolutionnaire ou utopie ? Pas autant que vous pourriez le penser. Si l’homme est capable d’aller bientôt sur Mars ou Jupiter, pourquoi ne peut-il pas réussir à se reproduire dans un utérus artificiel ? Personnellement,  J’y crois. Les hommes du siècle prochain le connaîtront sans-doute !

 

DEMOCRATE

 

 

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Published by Démocrate - dans famille
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