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L’INTÉGRATION DE PLUSIEURS NORMES POUR LES MÉNAGES DANS UNE SOCIÉTÉ MODERNISÉE
Je suis de ceux qui pensent que le côté conventionnel d’avoir qu’une seule épouse, pour un homme, mais également, en raison de la parité entre les sexes, d’avoir qu’un seul époux, pour une femme, ne repose sur aucun fondement valable , au départ.
Cette façon de vivre et d’exister s’est progressivement imposée, car issue à l'origine de coutumes ancestrales, elle est devenue un principe de tradition, puis s’est codifiée en règles de Droit, et a finalement abouti à la promulgation de lois et codes sur la façon de vivre et de se conduire en couple, pour l’homme et la femme. Cette logique était sans-doute celle d’assurer une meilleure protection de la femme du temps de sa grande dépendance, de parvenir à une meilleure lisibilité de l’institution familiale et pour son renforcement, afin notamment de mieux légitimer la filiation dans une Société de plus en plus complexe et mouvante.
Pourtant, dans sa nature même, l’humain reste un être libre (droits de l’homme reconnus et constitutionnalisés). En sa qualité d'individu et de personne unique, il ne peut constituer la moitié de n’importe quel autrui !
L’homme n’a pas été conçu pour rester figé dans des principes n’émanant que de lui, et ses relations sont multiples au sein de la société, aussi bien avec les semblables de son genre qu’avec ceux du genre différent. Le mariage vient donc contrecarrer ce concept, lorsqu’il s’agit de relations plus intimes ; pourquoi et comment cela pourrait-il se justifier ? Le mariage est venu encadrer la relation homme-femme en introduisant la notion de couple indissociable sans pour autant réussir à régler cette poussée fondamentale de la nature humaine à posséder la capacité innée d’aimer plus qu’un seul autrui dans le processus de la vie vivante. L’amour ne connait pas ces limites ou contraintes, qu’elles soient d’ordre législatif ou religieux.
L’amour s’accorde mal avec ce cadrage des comportements par le mariage, cette fixation ou arrêt dans le temps par consentement qui restera pourtant sujet aux aléas de la vie, qu'on le veuille ou pas.
Alors pourquoi cet engagement orienté vers une seule personne, même si librement choisie comme c’est la majorité des cas pour nos contemporains ? Pourquoi ce modus vivendi s’est-il installé comme la norme occidentale alors qu’il en est d’autres de par le monde, au point d’en être devenue la seule reconnue comme devant être l’universelle ? Que perdrait la société si elle était formée de couples et de ménages élargis ? Que gagnerait l’homme (ou la femme) dans une poly-union admise et reconnue ?
Ne gagneraient-ils pas en substance une sécurité accrue au sein de leur ménage, dans le cadre d’un soutien mutuel et multilatéral réciproque ? Certes, l’on peut penser qu’on n’éviterait pas pour autant les déchirures, les brisures, la redistribution des cartes, les recompositions. Et l’éducation des enfants, n’en serait-elle pas davantage renforcée, au contraire, puisque soutenue par plus d’adultes responsables pour veiller à leur épanouissement.
Ne l’ayant point expérimentée dans la société réelle depuis bien des siècles, il est bien difficile d’affirmer que cette vision humaniste l’emportant et se répandant peu à peu, légalement cette fois, la société en sortirait gagnante globalement. Dans ce style de vie, les ménages homosexuels constitués (simple exemple) de deux hommes et de deux femmes, cohabitant et tous mariés entre eux, permettraient à leurs enfants de vivre avec leurs vrais parents, même si leurs relations intimes et consensuelles leurs seraient toutes personnelles. Cette cohabitation conviviale aurait également ses effets positifs.
Le couple hétérosexuel constitué de 2 personnes n’est plus le seul modèle de conjugalité aujourd’hui. La vie en mini groupe ou communauté conjugale peut également servir à renforcer la cohésion familiale au sein du foyer postmoderne élargi. Pourquoi persister alors, de par nos lois et conservatisme, à opter pour une tradition unique (qui n’est pas forcément la meilleure pour notre époque) et ne pas s’ouvrir à une évolution des mœurs plus avantageuse, et moins contraignante, plus libérale en somme, et plus en symbiose avec l’esprit des individus, la liberté et la démocratie ?
Alors pourquoi plusieurs modes de conjugalités ne pourraient ils pas coexister pacifiquement ? Il y aurait de ce fait plus de tolérance, car plusieurs légalités socialement partagées et assumées. C’est du moins mon sentiment et le concept que je suis prêt à soutenir : être consensuel et accepter les différences de choix pour nos modes de vie.
Pourquoi donc s’attacher au seul modèle familial d’origine judéo-chrétienne qui ne répond plus tout à fait aux aspirations des individus de ce nouveau siècle en tant qu’êtres humains évolués ? Vivons-nous aujourd’hui la fin du couple traditionnel comme étant la seule référence acceptable pour pouvoir constituer un ménage ?
Les ménages ont (me semble t’il) été constitués et institués de la sorte pour être mieux contrôlés, analysés, fiscalisés, répertoriés, influencés, classifiés et « marchandisés » ! Cela me déplaît et devrait déplaire à tout vrai démocrate. C’est peut-être bon pour un état mais est-ce que cela répond aux vraies aspirations des individus que nous sommes (et qui composent cet état) ? Est-ce que cela correspond à notre nature profonde, à l’élévation de l’esprit auquel chaque personne devrait aspirer ? La vraie nature de l’homme fait, in fine, qu’il a la capacité de porter son amour vers plus qu’un seul « autrui ».
Avec le mariage tel qu’on le vit toujours et le reconnait encore officiellement, et ses contraintes induites, ne frustre t’on pas notre esprit plus ouvert que jamais depuis l’avènement de la science et du champ des possibles, de l’allongement de la durée de vie, de la fébrilité du taux des divorces ?
Que chacun réponde à cette interrogation en son âme et conscience.
Je me suis marié et me suis donc intégré dans ce système de valeurs à une époque où les solutions alternatives ne faisaient que poindre à l’horizon. C’était encore le temps de l’immaturité sociétale mais les idées de tolérance et de liberté ayant fortement progressé, internet faisant grandir une conscience à la fois collective et plus singularisée, tout aujourd’hui peut à juste titre être remis en question y compris la manière même de régler les affaires de sa vie privée (celle-ci peut se concevoir comme étant davantage personnalisée, un peu à la carte, pourquoi pas). Plus de souplesse dans nos lois et plus d’adaptation à l’époque contemporaine s’imposerait.
Je n’ai jamais cessé de me poser ces questions sur l’essence même de l’être humain et sur ses choix, sur le bien-fondé du mariage formaté par la tradition, sur le bien ou le mal potentiels d’une reconnaissance de la poly-union postmoderne, sur l’unique ou le multiple pour l’amour, et sur son adéquation avec le principe de la liberté individuelle, dans la sphère du privé et du familial. Je me suis également questionné sur la valeur du comportement normatif, modelé, ou sur le vouloir d’une différenciation personnalisée, d’une affirmation de soi s’en remettant au libre arbitre et, de fait, plus modulée et plus nuancée.
Je n’ai pas besoin du "plus de deux", du nombre ou des conquêtes pour être heureux en ménage mais pourtant, paradoxe me direz-vous, je défends la légalisation de la poly-union (ou le mariage à plus de deux personnes), un peu à l’image d’une entreprise qui accepte plusieurs membres fondateurs - et le mariage est aussi la création d’une entreprise- ménage.
Pour moi les deux formes d’union : couple et poly-union, portent des valeurs différentes certes mais des vertus égales car elles reposent dans les deux cas, à la base, sur le consentement mutuel, et devraient donc être validées autant l’une que l’autre par une reconnaissance légale émise par la société.
A vous d’en juger et de garder un esprit ouvert. Vous aurez enrichit vos possibilités ; vivre selon un mode traditionnel ou vivre selon un mode nouveau et postmoderne ; aucun des deux modes de vie n’est critiquable, chacun restant digne du fait que c’est son choix.
DEMOCRATE