Partager l'article ! INTERPELLATION de NOËL : NAISSANCE - UNION - FAMILLE - SOCIÉTÉ: Qu’est-ce qui pousse un homme et une femme ...
Qu’est-ce qui pousse un homme et une femme à vouloir s’unir pour la vie ? L’amour est certainement la réponse immédiate et logique qui nous vient à l’esprit.
Vouloir fonder une famille probablement aussi. Mais de cet état de fait mesure t’on toutes les implications ? Pas sûr, au départ. Seul le recul du temps permet de juger du bien fondé d’un tel engagement.
Car, s’installer dans une union qu’on souhaite légitimement durable à deux (déjà plus difficile du fait que cela doive reposer sur deux volontés distinctes en permanence), est porteur de nouvelles contraintes que l’on ne tardera pas à découvrir avec la vie dans cette mini structure sociétale qu’est la famille. Or tout le monde ne peut être apte à diriger une société même s’il s’agit d’une Toute Petite Entreprise ! Il en va de même d’être à la tête d’une famille. Il n’est pas prouvé au départ que la famille soit la clé du bonheur pour tous sur le long terme et l’épanouissement de soi ne repose pas exclusivement sur ses épaules ; au contraire l’épanouissement personnel peut être fortement restreint au sein du cercle familial.
Si aujourd’hui les familles éclatent un peu partout dans le monde ou se recomposent sous la pression des aléas de la vie quotidienne et des crises qui se succèdent et dont on semble ne jamais sortir , il n’est pas prouvé que cette valeur familiale que l’on dit être une valeur refuge, dans un monde qui écrase ou pressurise les individus, ne soit pas non plus une raison de repli sur soi et d’enfermement encore plus dévastateur que toutes les forces qui l’entourent et la conditionne.
L’homme s’est enlisé dans des traditions d’appartenance et croit suivre ainsi le cours de son destin quand ce n’est pas qu’il pense pouvoir lui-même le diriger. Il n’est pas bon que l’homme soit seul nous disent la Bible ou les religions mais la solution que lui offre le couple et son extension, la famille, n’est pas meilleure pour autant. D’ailleurs pourquoi aurait-il eu tant besoin d’une femme, si ce n’est pour se reproduire, puisque pour tout le reste l’entente est improbable du fait de trop grandes différences - un « couac » dans la création sans-doute ? (on l’a bien vu dès l’origine avec la pomme de la discorde offerte par Eve à Adam !)
Car l’homme est toujours en quête, à la recherche d’autre chose. C’est une erreur de penser que toutes les pensées se rejoignent vu que le cerveau humain est impénétrable et la communication via le langage ou les gestes trop pauvre pour en traduire toutes les nuances. Chaque homme ou femme est un monde à lui seul. De ce fait le couple reste une juxtaposition de deux mondes et je ne suis pas de ceux qui pensent un état de fusion possible. Dieu (si c’est lui) en nous créant tels qu’uniques l’a voulu ainsi. Rien de ce fait ne sera jamais parfait entre les hommes et les femmes : mission impossible sur terre !
Pourquoi donc existe - t’il cette différenciation des genres au sein d’une même espèce de créatures ? Pourquoi donc ce besoin d’union et de fusion entre les sexes, entre l’homme et la femme, et cet instinct qu’on dit naturel pour la survie, pour en arriver à ce qu’une génération chasse l’autre et que sa propre génération, dès qu’elle a engendré, entre dans l’instant du passé un peu à la manière de ce coureur de relais qui passe le témoin à son successeur mais qui s’arrête aussitôt de courir, une fois l’acte accomplit ! Quel est donc le sens de cette transmission sans fin pour la chaîne humaine qui vous oublie et pour laquelle vous ne comptez que pour transmettre aux autres ce qu’ils devront à leur tour transmettre et qui ne sert qu’à améliorer une fin du monde probable ? Il est clair que si l’homme individu ne compte pas en tant que tel il compte cependant pour son environnement : l’humanité. C’est cela qui est le plus dérangeant pour un esprit qui se pose cette question de fond, pourtant vitale. Une non réponse ne peut que conduire vers la dépression celui pour qui savoir est l’essentiel ou l’élément moteur de sa vie.
Mais il en est ainsi. Ce système de création et de reproduction entre hommes et femmes (bestial) à partir duquel naissent des être esprits : quel décalage ! Vous y êtes vous vraiment penché dessus ; l’avez-vous bien analysé, assimilé, intégré, et pouvez-vous pleinement l’accepter sans que votre esprit en soit outragé ? Vous le devez car vous n’avez, pauvres êtres humains, pas d’autre alternative, si vous souhaitez continuer d’exister….au travers de votre descendance, mais ce ne sera cependant plus vraiment vous, que vous souteniez le contraire ou pas ! Vous-même, et un jour plus tard toute votre famille, ne serez plus que de la poussière, restée sur terre pourtant, et partie de cet astre. Cela vous enchante - t’il pour autant ?
Les hommes et les femmes sont donc condamnés à s’accepter tels qu’ils existent, avec leurs différences respectives, avec leur nécessité de devoir s’accoupler physiquement entre eux pour produire leur fruit (c’est ce que nous disent encore les religions !) et pour se reproduire. Nous voilà un peu conçus comme une immense chaîne de reproduction, l’usine étant la terre et les machines : des hommes et des femmes, même si ce sont des machines pensantes ! La nature (ou Dieu, selon votre foi) l’a voulu ainsi mais l’homme vit cela à un peu à son insu car, vous pouvez l’observer quotidiennement, c’est bien de cette relation que nait la perversité des pensées, d’attitudes ou de comportements. C’est encore cette relation qui cause de la gène à tous, du consenti jusqu’à l’obscène, dont on plaisante avec grivoiserie ou dont on se délecte de façon conviviale selon son éducation, et surtout dont on abuse tant dans les medias, comme si c’était toujours nouveau et encore étrange, après plus de 20 siècles ! Le sexe (clé élémentaire à la base de toute nouvelle famille) est toujours là pour faire parler, sourire ou écrire : un simple mécanisme naturel qu’est celui de l’accouplement de deux personnes interpelle encore vivement les esprits des mâles et des femelles, de tout un chacun (et je ne m’exclue pas du reste de l’humanité), que ce soit intérieurement ou publiquement. Non, la sexualité d’un couple n’est pas encore entrée dans nos mœurs, ce qui ferait qu’on n’en parlerait plus. Et chaque fois qu’il y a mariage, tout le monde pense à la nouvelle relation et s’en réjouit (sauf moi, du fait de toutes mes réflexions en amont).
Alors, imaginez un instant que demain, chaque être devenu vraiment autonome (n’ayant plus besoin de l’autre pour se reproduire), l’union n’intéresse plus personne, que deviendrait la famille et surtout la société ? Serait - t’on obligé alors de forcer les personnes à s’unir pour assurer la survie de l’humanité ?
La famille n’est pas un état obligé (ou le devoir de chacun), et quand bien même, loin pourtant d’apporter bonheur et sérénité à tous, elle se justifierait, il n’en reste pas moins vrai que son mode de reproduction nous interpelle. La façon de venir à la vie comme liée à et dépendant de l’union d’un couple nous précédant : un mode de reproduction et de successions incessantes de flux de générations qui devront toutes à leur tour disparaître, ne pouvant que nous interpeller, ou nous faire réfléchir au bien fondé de tout ce système, alors qu’on s’apprête à fêter une naissance illustre à Noël.
DEMOCRATE