Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 22:50

Qu’est-ce qui fait me fait penser et dire que le contrat de mariage porte en lui une anomalie eu égard de l’évolution des mœurs contemporaines ?

En effet, parmi tous les contrats que les hommes peuvent passer entre eux, celui du mariage est le seul et l’unique qui fasse mention de « pour la vie » ! Ce n’est ni réaliste, ni justifiable. Aucun engagement, aucune signature, ne devrait vous engager à vie. Rien ne peut être conclus pour une période quasiment illimitée, encore moins l‘union d’un homme et d’une femme. L’on oublie trop que les hommes et les femmes changent, que les contractants peuvent changer, et que c’est sous l’effet du temps  que tout se transforme, que les situations évoluent. Comment peut-on ne pas imaginer une seconde que d’autres rencontres sont possibles dans l’avenir, pour tout couple, et que le concept même de fidélité est une utopie de l’esprit : que rien n’est plus fort que les contraintes imposées par le temps et les aléas de la vie. Unir des êtres pour la vie, c’est participer à une grande comédie (la comédie de la vie) et les maires autant que les pasteurs qui unissent deux personnes en mariage participent, s’associent, à cette grande comédie. Quasiment un couple sur deux se délie de nos jours après des temps de vie commune d’inégale importance, jusqu’après avoir parfois vécu plus de 30 ans ensemble!

 Alors, où se situe le problème aujourd’hui, me direz-vous, et qu’importe qu’on marie les gens ou pas ? Le problème est le fait que le mariage contraint les époux à des devoirs conjugaux (parfois avec plus d'exigeance que pour le faire valoir de leurs droits) lorsque ces contraintes restent applicables dans le cas de conflit insolvable.  Le problème est qu’à notre époque, le mariage est fondé sur l’amour – et cela constitue, certes, une évolution positive - mais lorsque l’amour s’évanouit, le contrat et ses règles  subsistent, entraînant bien des drames familiaux. Le monde a été crée tel qu’il est et la société repose sur la famille. Or, la famille n’est pas une chose immuable ; elle est faillible, incertaine, inachevée. La famille n’est pas une structure intrinsèque à un état mais elle lui est liée : elle repose à son tour, au départ de son histoire, sur deux personnes : le couple, qui lui est principalement fondé sur l’union de deux personnes de sexe (et donc nature) différents et opposés, ce qui est déjà très difficile en soi….pour toute une vie. Mais le ciel  a eu cette idée folle de nature sexuée pour l’homme dans son plan de reproduction et il nous faudra composer avec toute sa vie durant.

Aujourd’hui ont pratiquement disparu des énoncés fondamentaux les concepts de hiérarchie et de complémentarité au profit de ceux d’égalité et de parité entre l’homme et la femme. Cette innovation ou cet ajustement ne peuvent conduire qu’au démantèlement de la famille dont le socle idéal était celui correspondant à une complémentarité reconnue et assumée (chacun son rôle au sein de la famille, chacun à sa place, et non pas cette espèce de dédoublement ou de rôles interchangeables, conduisant inexorablement les couples vers le conflit d’intérêts particuliers, ou vers la jalousie envers celui qui réussit le mieux dans l’exécution de toutes tâches, domestiques ou professionnelles). Aujourd’hui, c’est comme si l’on mettait en concurrence, sans distinction, hommes et femmes tant sur le plan domestique que professionnel : grave erreur n’ayant comme résultante que la brisure des foyers.

 

Oui, tous ces changements sociétaux ont fait du mariage un contrat qui crée les conditions d’une cellule de droit privé où se prépare le champ des affrontements à venir ente deux individus maintenant placés à égalité aux yeux des tiers et de la société, créant les conditions d’un cercle vicieux dans lequel le couple reste enfermé longtemps …jusqu’au jour de son divorce, et même bien au-delà de ce douloureux moment. La famille n’est donc plus du tout  « hiérarchisée » en ce siècle alors que l’individualisme et la liberté ont triomphé et sont promus au titre du droit à l’épanouissement personnel de chacun, homme ou femme. Qui s’intéresse vraiment à l’épanouissement de la famille ? On parle de bien-être personnel, d’affirmation de soi, de performance individuelle, y compris sur le plan sexuel, d’égalité et également de droit pour les enfants. On  a si bien réussi à réduire le rôle paternel du chef de famille au profit de la parentalité (ce qui est une aberration, car la parentalité nécessite, pour cet objectif, une bonne entente dans le couple, ce qui est de moins en moins le cas de nos jours). A cause de ce contresens social, on s’aperçoit que de plus en plus de parents en dispute interviennent le moins possible dans l’éducation de leur progéniture, certains ne s’y intéressant même plus, laissant tout faire aux jeunes, mais aussi se trouvant parfois dépassés par leurs comportements imprévisibles ; certains de ces comportements constituant même une régression sociale, laquelle ne peut avoir que des conséquences néfastes se démultipliant sur leur propre descendance. Le sens des valeurs se perd parce qu’on a voulu porter ces valeurs jusqu’à leur paradoxe : l’utopie égalitaire établie comme un principe de droit (mais non transposable ou ne pouvant se concrétiser dans la réalité de la vie et des faits).

On ne pourra obtenir des hommes qu’ils changent et abandonnent aux femmes certaines de leurs prérogatives, surtout celle de l’action, ni leur esprit conquérant intrinsèque à leur nature réelle depuis la nuit des temps, depuis l’image d’Adam (si l’on y croit). La femme est certes la compagne de l’homme mais elle ne peut en aucun cas prétendre se substituer à lui en toute chose. Celles qui se l’imaginent n’ont qu’à en faire l’essai et verront alors combien de temps leur mariage peut tenir sans heurts.

La femme non plus ne pourra changer sa nature : elle portera toujours ses enfants pendant 9 mois (sauf révolution d’ordre bioéthique dans ce domaine), et de ce fait sera toujours pénalisée dans sa tâche à devoir assumer deux fonctions vitales : son travail et la procréation familiale, assistée ou pas. Seul, le travail domestique pourrait dans l’avenir, chez les plus compatissants des hommes, un peu évoluer en direction d’un rééquilibrage. Mais tout s’arrête là, car en matière de choix importants, les compromis deviennent de plus en plus incertains, l’autonomie de chacun refaisant surface à  la moindre insatisfaction de l’un ou de l’autre des partenaires.

Autrefois, le mari tranchait et l’affaire était conclue. C’était plus facile. Mais c’est parce que c’est devenu plus difficile que l’on peut raisonnablement penser que le nombre de divorces augmentera encore dans les décennies qui  se profilent.

C’est donc qu’il est temps de se poser la question si le contrat de mariage ne va pas à l’encontre de ce qu’il est censé fixer. Et de s’interroger sur sa pertinence long-terme (à vie), pour lui substituer un contrat d’union familiale uniquement, sans souci de la notion de couple, avec  comme seule obligation de s’engager à élever les enfants communs né de l’union, mais possibilité de se désunir sans formalités une fois les enfants majeurs et envolés du cocon. En bref, le seul engagement conjugal serait d’ordre familial, mais sans enfants ou les enfants partis, chacun pourrait alors être libéré automatiquement des contraintes du mariage (y compris celle de la fidélité) et pourrait signer un nouveau contrat sans divorcer (simple dissolution du mariage avalisée par l’autorité compétente), avec soit la même épouse (reconduction), soit se remarier avec une autre personne de son choix. Cela aurait alors le mérite de réduire de nombreuses procédures et les charges des juges aux affaires familiales. Il est vrai que la liquidation de la communauté est souvent difficile et le recours à l’avocat nécessaire, mais cela ne devrait plus être le cas si les deux ex-partenaires s’entendent à l’amiable, remettant au notaire et à l’officier d’état civil une copie sur l’honneur de leur désengagement consensuel et de l’accord du partage de tous leurs biens.

 

Car dans ce domaine aussi, il faut savoir être innovant. Selon moi, l’heure est venue d’introduire de la modernité dans le mariage également et de s’adapter aux mœurs contemporaines. Les esprits ont évolué et je pense que la société est prête aujourd’hui pour un changement radical (ou de fond), concernant le mariage.

 

DEMOCRATE

Partager cet article

Repost 0
Published by Démocrate - dans famille
commenter cet article

commentaires