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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 16:40

Je me trouve aujourd’hui  confronté à un problème nouveau que je n’aurais même pas pu envisager du temps de mon éducation, qu’elle fut parentale ou académique ni  même du temps de mon entrée dans le monde professionnel et adulte, encore moins lors de cet engagement vital qu’est la décision de se marier, de fonder une famille. Celui de la perte de liberté, des contraintes  familiales, de ce passage qui marque un destin à vie et dont on ne peut ensuite difficilement se rétracter,  se défaire.

La société et les mœurs ont bien changé depuis les années 80 et le développement personnel est devenu incontournable.

Aujourd’hui  j’aspire à plus d’individualisme et de pouvoir décider seul  de mes orientations, loisirs, projets ; bref de pouvoir disposer librement de ma personne. Or, le couple et la famille sont autant d’obstacles dans la vie quotidienne, lesquels ne laissent aucun répit (les désirs des autres devant toujours être pris en compte ou des compromis établis) si bien que cela peut devenir pesant et bloquer le processus d’individualisation de l’homme.

On dit que la famille est une petite société, entreprise, ou cercle social de base où s’exercent sans cesse des interactions. Le « Je » ne peut  plus s’exprimer librement, or la liberté de l’individu (celle de l’humain), si elle se doit d’avoir des règles et d’accepter la loi de la démocratie, et donc de la majorité, ne peut  se retrouver  aujourd’hui  pleinement que dans les choix et décisions que l’on exerce dans son domaine privé, dans et pour son ménage.  

S’il se trouve qu’il est marié, les mêmes lois s’invitent alors dans la  sphère domestique de l’homme, en instituant une égalité décisionnaire dans son couple officialisé (dans l’intérêt  du foyer, est-il proclamé : utopie folle !). Dès lors, marié, je me sens moins libre et la démocratie à deux ne peut fonctionner car, en cas de désaccord, il ne peut en sortir de majorité à laquelle je devrais moi, homme démocratique, me soumettre raisonnablement.  Non seulement je sens mon autorité usurpée, bafouée, mais je ne peux même pas m’en remettre au principe de démocratie  pour trancher : c’est le « stalemate » (ang.)

 

Mais alors Comment expliquer qu’aujourd’hui le concept de la famille ne m’attire plus, qu’il ne corresponde plus à mes attentes, qu’il me bloque et me sature dans mes actions ou projets, dans mon désir d’élimination de tous ces liens établis et de vie libre. L’homme marié ne peut plus recevoir qui  il souhaite à son domicile. Le domicile conjugal devient une entrave à l’existence même, est cause de questionnements, de frustrations.

Sortir de l’état de conjugalité, pour l’homme,  (car la conjugalité est plus une contrainte ou un handicap qu’un atout à l’époque de l’égalité homme-femme),  constitue désormais un rêve, peut-être un fantasme, pensant que la vie en solo est cent fois meilleure, puisque moins contraignante. Comment  se défaire du lien pour son bien sans faire le malheur de l’autre ?  Parfois je me demande qui a eu cette idée d’inventer la nécessité du couple pour la continuité de l’espèce,  la différence attractive qui vous entraine puis vous enchaîne dans ce cercle infernal de la famille, premier lieu de conflits et d’obstructions de toutes natures ? Quand on voit comment cela fonctionne si mal aujourd’hui dans notre société où chacun essaye de s’affirmer en tant qu’individu et avec tant de difficultés, le rajout des soucis occasionnés par le lien conjugal n’est pas fait pour apporter de la sérénité à l’esprit.

Le désir de vouloir détruire ce lien conjugal à tout jamais (comme s’il n’existait pas) ne devrait pas entraîner pour soi de problème psychologique s’il s’opère par consentement or ce n’est pas souvent le cas. Comme c’est pénible d’avoir un jour été en accord avec soi-même en optant pour ce lien et de se retrouver plus tard en accord avec soi-même pour souhaiter s’en délier. C’est admettre que nous changeons et que l’on peut avoir été très heureux et soudain ne plus l’être. Or, un engagement reste et le respecter contre son gré sur la base que c’était son engagement devient source de malheur pour soi.

Le fait de dénoncer un jour un engagement passé ne constitue en rien un crime, mais une honnêteté envers soi et envers son conjoint pourvu qu’on lui en donne la ou les raisons.

La mienne est que la famille ne me séduit plus. Je n’y trouve rien de palpitant, si ce n’est des corvées de visites ou de repas partagés, des fêtes de mariage à venir auxquelles je ne veux plus me joindre, n’adhérant plus à ces rituels familiaux, religieux ou républicains : Toutes ces  fêtes du paraître ou de la tradition.

Je regrette qu’il faille recourir à la justice pour se délier d’un tel contrat qui relève de la vie privée, mais c’est ainsi. Le travail des tribunaux n’a pas fini de croître dans ce domaine et il faudra recruter de nombreux juges dans l’avenir, puisque 2 à 3 mariages dans la vie d’une personne deviendront progressivement la coutume et qu’il faudra en être passé par autant de divorces dans cette évolution des mœurs de la société.

Tout cela aura un coût  social élevé et des impacts sur l’habitat et le logement, les allocations, la santé mentale,  la délinquance, et j’en passe !   

Mais ce n’est en rien de mon fait : c’est un constat. Dans l’article précédent, j’expliquais ce en quoi cette évolution est la résultante d’avoir voulu confondre égalité et complémentarité des rôles féminin et masculin dans la définition du contrat de conjugalité et de promouvoir l’interchangeabilité. Bref,  d’avoir lancé un nouveau défi à l’ordre naturel.

DEMOCRATE

 

 

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Published by Démocrate - dans famille
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