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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 01:09

Le mariage pose un vrai problème de société aujourd’hui. Sur le fond, se marier signifie l’engagement pour la vie de vivre  à deux et à sous un toit partagé jusqu’à la fin de son existence. C’est du moins ce que les paroles du maire ou du prêtre  invoquent au moment du serment, de l’acte ou de la promesse pour ce changement de statut familial ; Or vivre tout le reste de sa vie à compter de cet engagement temporel est bien ce qui constitue un défi ou une gageure ! Beaucoup de couples ne pourront le tenir.

Tous ceux qui choisissent de passer par cette cérémonie, cet acte officiel, qu’il soit laïque ou religieux, s’y engagent pourtant mais rien ne vient garantir que les engagements du mariage seront scrupuleusement respectés ni que la promesse sera maintenue jusqu’au bout ! Alors pourquoi tient-on tellement à mettre en scène publiquement ou religieusement cet événement de la vie privée des humains ?

On dit que le mariage est une loterie. Pour moi, c’est avant tout une comédie ! Balzac a écrit tout un ouvrage sur la « comédie humaine » et l’union de deux personnes en fait partie. Il y a bien longtemps que je ne crois plus en la vertu de cette mise en scène qui faisait cependant partie des traditions ancestrales de ma famille, et qu’elle m’a inculquée mais que je n’entends plus devoir transmettre à ma descendance, par faute de conviction personnelle ou de déception sur ce modèle de vie.

Chaque mariage annoncé, chaque union prononcée m’interpelle. Je me dis : « en voilà encore deux qui ont choisi  de brider leur liberté d’action. Ils se sont laissés entraîner par l’illusion de l’amour. Plus leur éblouissement est grand, plus leur désillusion ou désenchantement seront difficilement supportable par la suite.

Alors que le ciel, la nature (ou les hommes,  tout simplement) ont élaboré ce scénario de vie commune ou de couple normatif, ce scenario public du mariage comme fondement de la société, en allant jusqu’à vouloir y ajouter  la publication obligatoire de bans, dans une perspective de bonheur parfait, d’idéalisme ou de réglementation Républicaine, rien ne peut être imposé à l’être humain en matière de sentiments durables. Là est le paradoxe du mariage, seul contrat liant sur une période de temps irréaliste ou non concevable à l’échelle humaine, une espèce  qui est en mouvance dans un univers également en perpétuelle transformation, tant sur le plan du physique que des idées. Pourquoi alors vouloir l’associer à la notion de constance, cas du mariage ?

Car tout ce qui unit l’homme à la femme est intrinsèquement problématique depuis l’origine des temps et ne conduit in fine à rien de bon si ce n’est qu’illusoirement et le plus souvent débouche sur des situations soit complexes, soit dramatiques.

Le grand problème de l’humanité repose sur le phénomène de bipolarité sexuelle et de complémentarité qui condamne l’homme à avoir besoin de la femme, et vice versa, alors que tout les oppose en réalité, y compris sur le plan de la pensée, de la logique et de l’esprit. Quelque soit l’effort accompli par chacun pour essayer de comprendre, voire de rejoindre son conjoint, les deux seront toujours dans des marges limites, toujours restreints dans leur liberté ou contraints dans leur union.

Mais voilà, au départ, il y a ces fameuses hormones qui les conditionnent depuis leur naissance et transforme leur anatomie, dictant au cerveau ce que la nature a inscrit dans leurs gènes : besoin de séduction ou de possession, tentation, attirance, désir stimulant, envie de progéniture (et conséquences), survie de l’espèce. Sur aucun de ces états, sur aucune de ces forces intérieures, emportés par la fougue et vitalité de leur jeunesse, par la curiosité de l’expérience nouvelle, l’homme ou la femme n’ont de prise, et ils se laissent ainsi emporter, glisser sur la pente du dictat de la nature comme des millions d’êtres humains, aujourd’hui disparus, l’ont fait avant eux. Rien n’arrêtera ce flux, ni la population qui augmente sans cesse sur une terre qui ne peut s’agrandir ni offrir à tous des conditions de vie dignes. Nous sommes tous pris dans cet engrenage que nous n’avons pas demandé au départ, que nous maîtrisons avec peine sur certains des continents  et point sur d’autres.

Rarement, alors qu’ils sont encore seuls, célibataires, libres et parfois même indépendants, les jeunes ne se soucient des problèmes que la tradition du mariage leur posera lorsqu’ils l’auront acté, ni combien ils pourront le regretter un jour, plus tard dans leur vie, avec des dépenses bien inutiles de frais d’avocats, de notaires, de médiateurs de toutes sortes, de conflits familiaux, de dépression et de psy !

Tout cela à cause d’un mariage : est-ce bien la peine ? On jouit parfois de plus de liberté adolescent dans sa famille  d’origine, que marié dans son propre foyer : celui que l’on s’est pourtant crée soi-même. A méditer profondément. L’expérience seule permet de le réaliser, mais il est alors bien tard et la voie qui s’engage est pleine d’embûches, de douleur et de solitude.

Et si se marier n’était pas l’assurance de finir seul sa vie, même en vivant côte à côte ? La vie conjugale n’est pas le remède à la quête du bonheur mais plutôt la source de tous les maux pour un trop grand nombre. Qui donc a eu l’idée du mariage ? Et Comment peut-on soutenir un tel concept, que ce soit dans les principes mêmes de la création (au sens de la genèse)  ou  selon la logique inscrite dans une loi dite naturelle ?

Le mariage Avec ce qu’il entraîne et ce qu’il nous impose ne serait-il pas alors une absurdité de la nature humaine (ou des hommes tout simplement) ? L’homme  pourtant déclaré personne unique et libre à sa naissance. Pourquoi le prédisposer à, ou même lui recommander ce  dualisme (qui ne manquera pas de l’accabler) dans son projet de vie, si ce n’est que de vouloir le rendre malheureux sur terre ?

Les progrès de la bioéthique essaient timidement de nous délivrer de certaines de ces épines ; elles ne parviendront pas à le faire de toutes.

Le problème reste entier.

DEMOCRATE

  

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Published by Démocrate - dans famille
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