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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 10:56

Deux personnes qui se sont engagées dans la voie du mariage ont-elles le droit de divorcer ? Bien que jamais facile à apporter, la réponse est OUI. Chaque personne est un être libre et unique en son essence et aucun dogme ou aucune loi ne peuvent le nier. Toute constitution démocratique le reconnait. Personne ne peut être forcé de vivre à vie avec quelqu’un d’autre, fut-il même son époux ou épouse. C’est ainsi. C’est acquis : l’engagement dans le mariage est un choix libre ; c’est pourquoi le désengagement  ou « démariage » doit pouvoir être également un choix libre, quelles qu’en soient les conséquences pour l’un ou pour l’autre ou même pour sa famille. C’est le principe de liberté permanente  pour tout couple qui doit l’emporter dans une démocratie, en matière de vie privée.

La société, les tiers, les lois, le code civil, n’ont pas à interférer dans ce domaine.  Qui plus est, un engagement pour la vie est trop difficile à assumer toute sa vie durant  car il présuppose que rien ne change, que l’on aimera toujours pareil  la personne dans 10, 20 30 ans ou plus loin encore ! Cela personne ne peut réellement en être certain au départ du couple, encore moins aujourd’hui du fait de l’allongement moyen de la durée de vie. Ce type d’engagement, qu’il soit prononcé devant témoins en mairie ou dans un lieu de culte, n’est plus en phase avec la réalité du monde, des mœurs ou des mentalités actuelles. L’on peut toujours prendre un tel engagement, certes,  mais quel  gage de garantie peut-on en donner, à l’autre ou publiquement ?  Voilà sans-doute l’une des raisons qui fait que de moins en moins de personnes s’engagent dans cette trop vieille institution  (qui ne satisfait plus entièrement  les jeunes) ou attendent le plus longtemps possible avant de s’y résigner, pour quelques avantages encore existants et concrets.

Rien n’est moins sûr que le mariage à notre époque où tout change si vite, y compris dans la composition de la famille du 21ème siècle.

On s’engage dans un mariage avec la personne  que l’on croit être la bonne mais celle que l’on croisera ensuite pourrait bien être meilleure (on le pense) et nous voilà irrémédiablement piégé avec la première, pour cause de mariage ! C’est quand-même regrettable, quoique l’on décide de faire : rester ensemble ou se séparer.  Il ne faut pas avoir peur d’une séparation. Voilà pourquoi, à défaut d’une société polygame, l’on doit au moins pouvoir changer de partenaire dans sa vie. C’est le droit de tout être humain.

Le divorce ne devrait pas être une tragédie humaine, ni non plus une épreuve ; il est un passage, peut devenir un rite sociétal, le passage inverse d’un état de marié à celui célibataire, à nouveau : le retour à la source du bonheur, mais plus conjugal cette fois (si conjugal n’a point été le bon, pour la personne). Je prône cela et défends cette vision avec conviction, même si je crois en la puissance divine. Dieu a souhaité que l’homme et la femme soient libres et je ne crois pas qu’il ait voulu leur imposer de vivre ensemble contre leur gré jusqu’à leur mort, si tel n’est plus leur vœu du jour. Un désengagement de la vie conjugale est une affaire privée et doit pouvoir être librement consenti.

L’église aime souvent à comparer l’église à l’épouse de Dieu et utilise ce concept pour définir le mariage humain, l’amour que se portent mutuellement les époux. Ce n’est pas une bonne image car Dieu est non seulement l’être unique auquel  beaucoup d’entre nous croyons, mais il n’est pas marié (toutes les religions se l’accordent). Cette image représente une polygamie à grande échelle, or Dieu ne soutient pas le concept de polygamie et l’église est constituée d’une multitude d’humains ! Alors, que comprendre entre cette union et celle du couple ? Pourquoi même vouloir avancer, sur un plan religieux, une telle comparaison avec le mariage terrestre ?

 

La vie de couple est bien trop contraignante et faire des compromis n’apporte rien de bon à qui s’y soumet. Au-contraire, cela contraint bien davantage. L’on ne cessera de sentir sa propre frustration grandir. Communiquer, dit-on, quand le couple va mal ? A quoi bon ! Ce n’est nullement une fin en soi : le couple marié n’est pas une nécessité. Nous aurions tous pu rester des célibataires à vie que la terre aurait continuée de tourner ! Le mariage ne règle pas les saisons, ni le climat, ni non plus les états d’âme de chacun mais seulement la famille et en partie la société. Mais que penser du mariage si ce n’est d’avoir une pensée spéciale pour ces millions d’hommes et de femmes qui, mariés un jour, se supportent de moins en moins bien ou en apparence seulement, aux yeux de la  société, mais qui chez eux fulminent de ressentiments les ruminant en silence, les exprimant en colères ou violences parfois, anéantis par leurs incompréhensions réciproques ou leur discorde. L’homme et la femme pensent différemment. La vie de couple les enfonce chaque jour un peu plus dans l’oubli de ce qui a forgé leur personnalité d’être unique. Penser à deux ou pour deux est très difficile. Agir conjointement une longue vie durant est inimaginable ou utopique. Et c’est cette utopie là qu’a voulu instaurer officiellement le mariage ! Ce n’est qu’une création artificielle ; la vérité de la vie est toute autre.

Dans un monde nouveau d’égalité des sexes, le mariage ne tient plus la route (il n’y a plus de vrai chef de famille, officiellement désigné  et reconnu comme tel). C’est devenu pire et l’affrontement  difficilement évitable. Cet affrontement récurent rend la famille fragile : un cercle pesant à supporter ou encore une église de base infernale. Il vaut mieux alors ne pas encourager ces personnes, ces parents, à continuer de vivre ensemble, à partager un toit commun. Car c’est sous ce même toit que commencent les ennuis du couple. Aujourd’hui hélas tout est construit autour du couple dans notre société, de ce concept d’être deux ; seul, l’on ne peut guère espérer devenir propriétaire de son logement et les achats lourds du ménage s’en trouvent préjudiciés.   Même les avantages du fisc sont pour des couples. Etc.

A quand une société plus juste qui prenne mieux en compte les conditions de vie des personnes seules, des parents isolés et considère enfin l’individu comme une entité à part entière et égale au couple et ne pénalise plus cet état ?)….A quand le jour ou un seul salaire sera la référence pour appréhender et réguler le niveau de vie d’un ménage ?

Je suis de ceux qui considèrent que le mariage ne peut plus constituer un engagement pour la vie, même si l’on a fondé au départ une famille. Le principe de liberté prime sur l’engagement, quelles qu’en soient les conséquences.

Il n’existe pas de dogme pour le mariage, institution humaine (et non divine).La  Femme reste la Femme et l’Homme reste l’Homme, et cela reste vrai même dans le couple et au sein de la famille.

Même  en partageant tout, les hommes et les femmes ne peuvent atteindre la plénitude de leur être ni ne peuvent être pleinement heureux ensemble si leur vie d’intimité dure trop longtemps,  telle est la nature humaine depuis ses origines. Le mariage n’apporte rien de plus, si ce n’est d’autres types de problèmes sur le long terme. Ne l’encourageons donc point.

DEMOCRATE

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Published by Démocrate - dans famille
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